Les émissions de gaz à effet de serre du Canada ont diminué de 9 % au cours de la première année de la pandémie

Le soleil couchant se reflète sur les lignes électriques de la route transcanadienne à Walhachin, en Colombie-Britannique, le 29 mars. Les émissions de gaz à effet de serre du Canada ont chuté à leur plus bas niveau en près de trois décennies en 2020.DARRYL DYCK/Associated Press

Les émissions de gaz à effet de serre du Canada ont diminué d’environ 9 % au cours de la première année de la pandémie, en grande partie en raison d’une baisse des déplacements routiers et aériens dans le cadre des confinements imposés par la province et de la récession de la COVID-19.

Les données sur les émissions de 2020 ont été présentées dans le dernier rapport d’inventaire national, qui a été soumis jeudi aux Nations Unies dans le cadre des obligations de déclaration annuelle du Canada en vertu des pactes internationaux sur le climat. Le rapport montre que depuis le début du siècle, des réductions marquées des émissions ont été liées à des ralentissements économiques. Mais sous les chiffres globaux, le gouvernement affirme que le rapport montre également des signes que ses politiques en matière de changement climatique font avancer le pays dans la bonne direction.

Les émissions en 2020 sont tombées à 672 mégatonnes contre 738 mégatonnes en 2019, selon le rapport. Avant cette baisse, la plus forte réduction des émissions a suivi la crise financière de 2008. Le rapport de 680 pages fournit le premier aperçu détaillé de la façon dont la crise du COVID-19 a affecté les émissions de gaz à effet de serre, qui mettent la santé humaine en danger face à des menaces telles que la chaleur extrême et sont liées à des catastrophes naturelles plus graves et plus fréquentes.

Étant donné que le moteur de la baisse des émissions était la pandémie, le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault a averti dans un communiqué que les émissions “sont susceptibles de rebondir dans une certaine mesure”.

“Néanmoins, il y a aussi de réels signes de progrès”, a-t-il déclaré.

Ce que Steven Guilbeault ne dit pas sur le plan d’Ottawa pour réduire les émissions du secteur pétrolier

Le dernier rapport sur le climat du GIEC montre que la réduction des émissions est possible, mais pas sans un changement de valeurs et de politiques

Les réductions d’émissions notables comprenaient une baisse de 12 % par rapport aux niveaux de 2019 dans le secteur des transports et une baisse de 11 % dans le secteur public de la production d’électricité et de chaleur. Ce dernier a été en grande partie attribué à l’élimination progressive de l’électricité au charbon dans des provinces comme l’Alberta.

L’extraction de pétrole et de gaz était responsable de 100 mégatonnes d’émissions en 2020, en baisse de quatre mégatonnes par rapport aux niveaux de 2019. L’analyse publiée le mois dernier par l’Agence internationale de l’énergie donne raison de s’arrêter en ce qui concerne les baisses du secteur de l’énergie. Ses recherches montrent que les émissions mondiales liées à l’énergie ont atteint leur plus haut niveau jamais enregistré en 2021.

Les dernières données sur les émissions du Canada incluent des signaux de ce qui fonctionne, mais aussi “des signaux du travail que le gouvernement a encore fait pour cela”, a déclaré Kathryn Harrison, professeure à l’Université de la Colombie-Britannique qui étudie les politiques climatiques et énergétiques.

Le Canada n’a jamais atteint aucune de ses cibles de réduction des émissions, mais le gouvernement libéral a promis de mettre fin à cette habitude. Cela nécessitera des changements majeurs, étant donné que le Canada a le pire bilan d’émissions du G7 depuis la conclusion de l’accord de Paris sur le climat en 2015. L’accord de Paris vise à maintenir le réchauffement climatique à pas plus de 1,5 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.

Le gouvernement libéral s’est engagé à atteindre zéro émission nette d’ici le milieu du siècle et à réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada d’au moins 40 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030. M. Guilbeault a cité le rapport d’inventaire national comme preuve que le plan du gouvernement est pliable.

Le bureau de M. Guilbeault a indiqué qu’il n’était pas disponible pour une entrevue jeudi.

Le rapport note également que les provinces historiquement les plus émettrices du pays ont divergé dans leurs modèles d’émissions au cours des deux dernières décennies. En 2005, l’Ontario et l’Alberta avaient les émissions les plus élevées. Depuis, l’Ontario a réduit ses émissions de 27 %, tandis qu’en Alberta, elles ont augmenté d’environ 8 %.

Selon le rapport, la variation des émissions des 13 provinces et territoires du Canada est basée sur la population, les sources d’énergie et la structure économique. Les économies basées sur l’extraction des ressources ont tendance à avoir des émissions plus élevées que celles basées sur les services.

Dans son dernier plan climatique, le gouvernement a déclaré qu’il dépenserait 9,1 milliards de dollars supplémentaires pour atteindre l’objectif de 2030. Il a également dévoilé de nouveaux crédits d’impôt pour stimuler la transition vers une économie à faibles émissions de carbone dans le budget de cette année et un fonds d’investissement de 15 milliards de dollars visant à mobiliser des capitaux privés pour aider le pays à atteindre ses objectifs climatiques.

Le professeur Harrison a déclaré que le rapport montre que la taxe fédérale sur le carbone et les réglementations visant à modifier les sources d’électricité du Canada et à limiter les émissions de méthane ont eu un impact significatif. Mais ces réductions ont été “annulées” par la croissance dans d’autres domaines.

Elle a déclaré que les données soulignent la nécessité pour Ottawa d’agir rapidement pour élaborer et mettre en œuvre des règlements promis de stimuler les réductions d’émissions dans d’autres parties de l’économie, y compris le plafond du secteur pétrolier et gazier, les mandats de véhicules à zéro émission et une proposition de zéro net. norme électrique.

La députée néo-démocrate Laurel Collins a décrit le rapport sur les émissions comme une valeur aberrante liée à la pandémie et a déclaré qu’il montre que le gouvernement n’agit pas avec l’urgence exigée par la crise climatique.

Le député conservateur Kyle Seeback s’est dit préoccupé par le fait que la seule fois où les émissions ont connu une baisse significative sous les libéraux, c’était pendant une récession. Le même schéma s’est également produit sous le précédent gouvernement conservateur.

Le dernier rapport d’inventaire national reflète également les changements apportés à la façon dont certaines émissions sont comptées, par exemple dans le secteur agricole. Mais le groupe environnemental Nature Canada affirme qu’il sous-estime encore considérablement les émissions provenant de l’exploitation forestière.

L’année dernière, Nature Canada et plusieurs autres organismes à but non lucratif ont déclaré qu’Ottawa avait sous-déclaré les émissions totales du secteur forestier de plus de 80 mégatonnes par an. La principale raison, selon les groupes, est une approche comptable “biaisée” qui exclut en partie les émissions issues des incendies de forêt, mais prend en compte le carbone stocké dans les arbres qui se régénèrent dans les zones brûlées.

Dans son rapport de jeudi, le gouvernement indique que des “améliorations significatives” seront apportées dans les futures soumissions à l’ONU, en particulier sur la manière dont les émissions du secteur forestier sont comptées.

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