Tiff Macklem double son message selon lequel les Canadiens devraient se préparer à des taux d’intérêt plus élevés

Gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, avant sa comparution devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes, à Ottawa, le 25 avril.Sean Kilpatrick/La Presse canadienne

La Banque du Canada est prête à augmenter les taux d’intérêt «avec force si nécessaire» pour maîtriser l’inflation, a déclaré mercredi le gouverneur Tiff Macklem, doublant le message selon lequel les ménages et les entreprises canadiennes devraient se préparer à des coûts d’emprunt plus élevés au cours de l’année à venir.

S’adressant au Comité sénatorial des banques et du commerce, M. Macklem a déclaré que la banque centrale doit augmenter les taux d’intérêt relativement rapidement pour calmer l’économie en surchauffe du Canada. Dans le même temps, j’ai reconnu que son équipe marcherait sur une ligne fine en tentant de freiner la demande dans l’économie sans provoquer de récession.

“Si vous résumez, l’économie est en surchauffe, ce qui crée une pression inflationniste intérieure”, a déclaré M. Macklem lors de sa deuxième comparution parlementaire cette semaine. Il s’est adressé lundi au Comité des finances de la Chambre des communes.

« Nous devons freiner la croissance pour freiner l’inflation. Nous ne voulons pas trop refroidir l’économie, mais nous ne voulons pas qu’elle surchauffe et crée de l’inflation. Alors oui, ça va être délicat », a-t-il déclaré.

Les apparitions consécutives devant le Parlement interviennent alors que la banque centrale procède au cycle de resserrement de la politique monétaire le plus rapide depuis des décennies dans le but de lutter contre la croissance fulgurante des prix à la consommation qui a atteint un sommet de 6,7% en trois décennies en mars. Il a relevé son taux directeur de référence à deux reprises au cours des deux derniers mois, y compris un mouvement surdimensionné de 50 points de base à la mi-avril, portant le taux directeur à 1 %.

M. Macklem a réitéré mercredi que la banque envisagerait probablement une autre hausse de taux de 50 points de base pour sa prochaine réunion du 1er juin. Elle se déplace généralement par incréments d’un quart de point.

La campagne de la banque pour normaliser les coûts d’emprunt après deux ans de politique monétaire ultra-accommodante a encore du chemin à faire. M. Macklem a dit à plusieurs reprises au cours des dernières semaines que la banque avait l’intention de ramener le taux du financement à un jour entre 2 et 3 % assez rapidement. La rapidité et le degré d’évolution des taux d’intérêt dépendront en fin de compte de la réaction de l’économie.

Le grand défi pour la banque centrale est de refroidir suffisamment l’économie canadienne pour aligner la demande sur l’offre du pays sans provoquer de récession. M. Macklem a reconnu le risque, mais a noté que la banque prévoyait une croissance relativement forte de 4,2 % cette année et de 3,2 % l’an prochain.

“Je n’ai aucun doute, les choses ne vont pas se dérouler exactement comme nous le prévoyons, elles ne le font jamais. Mais il y a pas mal de place avec cette quantité de croissance solide… Même si la croissance était un peu plus faible, c’est loin d’être négatif », a-t-il déclaré.

Les coûts d’emprunt pour les ménages canadiens ont déjà commencé à augmenter, les prêts hypothécaires à taux variable évoluant au même rythme que le taux directeur de la banque, et les prêts hypothécaires à taux fixe – qui suivent les obligations d’État – augmentant à mesure que les investisseurs obligataires ont commencé à fixer les prix dans une trajectoire de hausse des taux plus agressive de la banque centrale.

Le niveau élevé d’endettement des ménages au Canada pourrait limiter l’agressivité de la banque dans l’augmentation des coûts d’emprunt. Les ménages canadiens ont contracté une autre dette hypothécaire de 187,5 milliards de dollars l’an dernier et de 118,9 milliards de dollars en 2020, ce qui est bien supérieur aux niveaux prépandémiques. Cela a porté le ratio de la dette des ménages au revenu disponible à un niveau record d’ici la fin de 2021.

Les économistes de la Banque Royale du Canada estiment que si le taux du financement à un jour de référence de la Banque du Canada revient à 2 %, le remboursement moyen de la dette des ménages canadiens augmentera d’environ 2 000 $ l’an prochain.

M. Macklem a déclaré qu’il espérait que le taux d’inflation commencerait à baisser plus tard cette année, alors que la croissance mondiale des prix des matières premières se stabilise et que la hausse des taux d’intérêt commence à refroidir l’économie nationale. Mais j’ai reconnu que les perspectives d’inflation restent opaques.

Où est la guerre ? [in Ukraine] je vais aller? Comment COVID va-t-il se dérouler en Chine ? Ce sont des incertitudes fondamentales », a-t-il déclaré.

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