Risque de retard dans les réformes du marché du carbone après le vote surprise de l’UE

  • Les législateurs européens rejettent la proposition de mise à niveau du marché du carbone
  • Risque de retard dans la mise à niveau de la politique climatique de base de l’UE
  • Diviser sur l’opportunité de renforcer ou d’affaiblir d’autres mesures
  • La guerre et l’inflation pèsent sur les résultats du vote sur le climat

BRUXELLES, 8 juin (Reuters) – Le Parlement européen a rejeté mercredi une proposition visant à moderniser le marché du carbone de l’Union européenne, une décision inattendue qui a révélé les divisions sur la politique climatique de base du bloc et pourrait retarder les négociations pour finaliser la mesure.

Un comité de législateurs doit maintenant tenter de forger un nouveau compromis après des scènes chaotiques et un jeu de blâme a éclaté au Parlement.

Les législateurs verts et socialistes ont rejeté la proposition en raison des amendements des groupes conservateurs qui, selon eux, l’ont trop affaiblie, tandis que les groupes de droite l’ont jugée trop ambitieuse, en particulier à la lumière des pressions inflationnistes.

Inscrivez-vous maintenant pour un accès GRATUIT et illimité à Reuters.com

Le rejet du Parlement a entraîné le report des votes sur deux politiques climatiques connexes. Il s’agit du premier plan mondial de l’UE visant à imposer une taxe sur le CO2 sur les importations de biens tels que l’acier et le ciment, et un fonds qui utiliserait les revenus des échanges d’émissions pour soutenir les citoyens à faible revenu.

Le rare rejet pourrait retarder le délai d’achèvement de la loi – ce que l’UE s’empresse de faire cette année, afin qu’elle puisse s’appliquer en 2023.

La proposition visait à confirmer la position du parlement pour les négociations sur une nouvelle proposition de loi visant à réformer le système d’échange de quotas d’émission (ETS).

Principal outil politique de l’UE pour réduire les émissions, l’ETS oblige les centrales électriques et l’industrie à acheter des permis de CO2 lorsqu’elles polluent.

Parallèlement à d’autres nouvelles politiques climatiques, la mise à niveau de l’ETS mettrait l’UE, le troisième pollueur mondial, sur la bonne voie pour réduire les émissions nettes de réchauffement de la planète de 55 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990.

Pascal Canfin, président de la commission parlementaire de l’environnement, qui remaniera la proposition, a déclaré que les négociateurs tenteront de parvenir à un nouvel accord d’ici le 23 juin.

Peter Liese, le négociateur en chef du Parlement, a exhorté ses collègues à trouver un compromis qui gagnerait du soutien.

“Tous ceux qui ont voté contre aujourd’hui peuvent réfléchir à deux fois… s’il vous plaît, ne tuez pas les MST”, a-t-il déclaré.

Les législateurs voteront mercredi sur trois autres politiques climatiques, dont l’issue est également incertaine car les inquiétudes concernant la flambée des coûts de l’énergie et l’inflation se heurtent aux engagements de l’Europe de lutter contre le réchauffement climatique.

Bruxelles vante les politiques comme un moyen d’échanger la dépendance à l’égard des combustibles fossiles russes contre de l’énergie verte produite localement, réduisant éventuellement les prix de l’énergie et évitant la spirale des coûts qu’entraînerait le fait de ne pas lutter contre le réchauffement climatique.

Mais certains législateurs citent les pressions immédiates des coûts énergétiques, les conséquences économiques de la guerre en Ukraine et la nécessité de donner aux industries plus de temps pour s’adapter comme raisons d’une approche plus lente.

Un vote important portera sur les plans visant à imposer une réduction de 100 % des émissions de CO2 des voitures neuves d’ici 2035 – interdisant ainsi les ventes de voitures neuves à moteur à combustion dans l’UE. Certains législateurs veulent réduire cela à une réduction de 90 % de CO2.

Les courriels vus par Reuters montrent que certains lobbies de l’industrie ont exhorté les législateurs à retarder ou à affaiblir les mesures. Lire la suite

Inscrivez-vous maintenant pour un accès GRATUIT et illimité à Reuters.com

Reportage de Kate Abnett Montage par Barbara Lewis, Mark Potter et Grant McCool

Nos normes : Les principes de confiance de Thomson Reuters.

.

Leave a Comment