Couper les taxes sur les carburants sans inflation solution miracle



Cela semblerait assez logique : réduire les taxes sur l’essence et le diesel comme moyen de freiner la flambée de l’inflation. C’est quelque chose que de nombreux membres du Parti conservateur du Canada et d’autres demandent comme moyen de lutter contre l’inflation.

Cependant, ce n’est pas si simple, du moins pas dans les conditions économiques actuelles.

Il ne fait aucun doute que l’élimination de toutes les taxes sur les carburants aurait un impact significatif sur l’inflation. Au Manitoba, la province facture 14 cents le litre d’essence et de diesel. Le gouvernement fédéral perçoit une taxe d’accise de 10 cents/L sur l’essence et de 4 cents/L sur le diesel. Ottawa applique alors la TPS en plus de cela — la redoutable « taxe sur la taxe ».

De plus, les provinces ou le gouvernement fédéral prélèvent une taxe sur le carbone à la pompe. Au Manitoba, la taxe fédérale sur le carbone est de 11 cents/L. Certaines villes, dont Montréal et Vancouver, imposent leurs propres taxes sur le carburant.




<p>GRAHAM HUGHES / LES DOSSIERS DE LA PRESSE CANADIENNE</p>
<p>Au Manitoba, la taxe sur les carburants devrait générer 359 millions de dollars de revenus cette année.  Si la province suspendait la taxe pendant six mois, elle perdrait environ 180 millions de dollars.</p>
<p>” width=”2048″ height=”1519″ srcset=”https://media.winnipegfreepress.com/images/400*400/NEP494744_web_Gasoline_Prices_20220304.jpg 400w,https://media.winnipegfreepress.com/images/600*600/NEP494744_web_Gasoline_Prices_20220304.jpg 600w,https://media.winnipegfreepress.com/images/700*700/NEP494744_web_Gasoline_Prices_20220304.jpg 700w,https://media.winnipegfreepress.com/images/800*800/NEP494744_web_Gasoline_Prices_20220304.jpg 800w,https://media.winnipegfreepress.com/images/900*900/NEP494744_web_Gasoline_Prices_20220304.jpg 900w,https://media.winnipegfreepress.com/images/1000*1000/NEP494744_web_Gasoline_Prices_20220304.jpg 1000w”/><figcaption>
<p>GRAHAM HUGHES / LES DOSSIERS DE LA PRESSE CANADIENNE</p>
<p>Au Manitoba, la taxe sur les carburants devrait générer 359 millions de dollars de revenus cette année.  Si la province suspendait la taxe pendant six mois, elle perdrait environ 180 millions de dollars.</p>
</figcaption></figure>
<p>Au total, les gouvernements du Manitoba siphonnent 35 cents/L de taxes dans les poches des automobilistes, puis appliquent la TPS de 5 %.  Si toutes ces taxes étaient éliminées du jour au lendemain, les prix de l’essence à la pompe manitobaine passeraient d’environ 2,08 $/L à 1,63 $/L, soit une baisse de 22 %.  Les économies estimées : 23 $ sur un réservoir d’essence de 50 litres, une bonne partie de la monnaie.			</p>
<p>La réduction des prix du carburant permettrait non seulement d’économiser de l’argent pour les particuliers et les familles, mais aiderait également les petites entreprises et les organismes sans but lucratif à joindre les deux bouts.  Cela réduirait également le coût du transport des marchandises, ce qui atténuerait les hausses de prix dans les épiceries et autres points de vente au détail.  Les prix du carburant ont tendance à avoir un effet en cascade sur l’ensemble de l’économie.			</p>
<p>Le problème est que la réduction des taxes sur le carburant priverait également les gouvernements de revenus dont ils ont tant besoin.  Dans certains cas, les gouvernements devraient emprunter de l’argent pour réduire les impôts (ce que les partisans des réductions d’impôts ignorent commodément lorsque les gouvernements enregistrent des déficits).			</p>
<p>Au Manitoba, la taxe sur les carburants devrait générer 359 millions de dollars de revenus cette année.  Si la province suspendait la taxe pendant six mois, elle perdrait environ 180 millions de dollars.			</p>
<figure class=


<p>ETHAN CAIRNS / WINNIPEG FREE PRESS FILES</p>
<p>Avec des prix à la pompe qui montent en flèche à plus de 2 $/L, il n’y a pas besoin d’une taxe sur le carbone.</p>
<p>” width=”1024″ height=”683″ srcset=”https://media.winnipegfreepress.com/images/400*400/NEP494744_web_CairnsE_ShellOver-2_06-06-22-0901.jpg 400w,https://media.winnipegfreepress.com/images/600*600/NEP494744_web_CairnsE_ShellOver-2_06-06-22-0901.jpg 600w,https://media.winnipegfreepress.com/images/700*700/NEP494744_web_CairnsE_ShellOver-2_06-06-22-0901.jpg 700w,https://media.winnipegfreepress.com/images/800*800/NEP494744_web_CairnsE_ShellOver-2_06-06-22-0901.jpg 800w,https://media.winnipegfreepress.com/images/900*900/NEP494744_web_CairnsE_ShellOver-2_06-06-22-0901.jpg 900w,https://media.winnipegfreepress.com/images/1000*1000/NEP494744_web_CairnsE_ShellOver-2_06-06-22-0901.jpg 1000w”/><figcaption>
<p>ETHAN CAIRNS / DOSSIERS DE PRESSE GRATUITS DE WINNIPEG</p>
<p>Avec des prix à la pompe qui montent en flèche à plus de 2 $/L, il n’y a pas besoin d’une taxe sur le carbone.</p>
</figcaption></figure>
<p>Étant donné que le gouvernement est en déficit, les responsables des finances devraient emprunter cet argent (à moins qu’ils ne trouvent 180 millions de dollars en réductions de dépenses).  Une telle décision augmenterait le déficit projeté du Manitoba à 728 millions de dollars, en hausse par rapport à l’estimation actuelle de 548 millions de dollars – un montant qui serait ajouté à la dette record de 30,5 milliards de dollars de la province.			</p>
<p>Les générations futures devraient rembourser cet argent, avec intérêts.  Des déficits plus élevés contribuent également à l’inflation, car les gouvernements vendent des obligations sur le marché.			</p>
<p>Il en serait de même si la taxe d’accise fédérale sur le carburant était suspendue.  Il faudrait qu’il soit financé par des emprunts parce qu’Ottawa est aussi en déficit.			</p>
<p>L’élimination de la taxe fédérale sur le carbone est une autre histoire.			</p>
<p>Ce serait sans incidence sur les revenus;  il pourrait être compensé par l’annulation des remises correspondantes aux Canadiens.  Le gouvernement n’aurait pas à s’endetter davantage pour annuler la taxe sur le carbone.			</p>
<p>Avec des prix à la pompe qui montent en flèche à plus de 2 $/L, il n’y a pas besoin d’une taxe sur le carbone.			</p>
<p>L’objectif affiché de mettre un prix sur le carbone est d’augmenter les prix suffisamment haut pour décourager l’utilisation des combustibles fossiles.  Le marché fait plus que s’occuper de cela en ce moment.  Un signal de prix artificiel n’est pas nécessaire.  Les prix de l’essence ont augmenté bien au-delà du plan du gouvernement fédéral d’ajouter une taxe sur le carbone de 170 $ la tonne d’ici 2030 (environ 37 cents/L).  Il y a peu de chances que les prix de l’essence reviennent aux niveaux d’avant 2021.			</p>
<p>L’élimination de la taxe fédérale sur le carbone au Manitoba réduirait les prix à la pompe de 11 cents/L.  Cela réduirait l’inflation dans une certaine mesure, mais l’impact serait minime.			</p>
<blockquote class=

L’élimination de la taxe fédérale sur le carbone au Manitoba réduirait les prix à la pompe de 11 cents/L. Cela réduirait l’inflation dans une certaine mesure, mais l’impact serait minime.

Il n’y a pas de solution miracle pour résoudre les problèmes d’inflation au Canada ou dans le monde, malgré la rhétorique de certains politiciens et groupes d’intérêt, il existe des solutions faciles à trouver, si seulement les gouvernements les adoptaient.

Vous ne pouvez pas simplement “arrêter d’imprimer de l’argent” ou acheter du Bitcoin pour résoudre l’inflation, comme l’a proposé le candidat à la direction du parti conservateur fédéral Pierre Poilievre. Le Canada ne peut pas non plus s’affranchir de l’inflation en augmentant l’impôt sur les sociétés, comme d’autres l’ont suggéré.

L’inflation est un problème économique complexe qui ne sera résolu qu’au fil du temps grâce à de multiples mesures et évolutions, notamment des taux d’intérêt plus élevés et des améliorations des chaînes d’approvisionnement mondiales. La réduction des taxes sur le carburant aurait un léger impact sur l’inflation dans certaines régions du pays, mais ce ne serait pas la panacée.

tom.brodbeck@freepress.mb.ca

Tom Brodbeck

Tom Brodbeck
journaliste

Tom couvre la politique manitobaine depuis le début des années 1990 et s’est joint à l’équipe de nouvelles du Winnipeg Free Press en 2019.

.

Leave a Comment